FOOTBALL – Souviens-toi l’été 1990…

Posted on 10 septembre 2011

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Notre consultant Olivier Besnas fait son retour sur La Serviette. En regardant la Coupe du monde de rugby, il est gagné par le nostalgie…du football d’antan. Il se souvient notamment d’un certain été 1990.

Aujourd’hui c’est mon jour de repos et j’ai bien l’intention de ne rien glander de la journée. Je me fous dans mon canapé à fleurs roses avec mon mug de café noir à la main et j’allume la télé. Parait-il que pour les 10 ans du 11 septembre, y’a une menace d’attentat à prendre au sérieux ; non mais attendez, moi c’est plutôt pour les 911 ans que je me méfierais…

La Coupe du Monde de Rugby en Nouvelle-Zélande vient de débuter. J’aime pas trop le rugby, je déteste les rugbymens et je hais les rugbymens qui posent à poil pour des calendriers. En revanche, j’adore l’expression coupe du monde, elle me renvoie directement à la plus grande compétition sportive existante : la Coupe du Monde de Football. C’est pour le « coupe du monde » que je regarde les Blacks mettre une branlée aux Tonga. En plus, au rugby, ils utilisent la vidéo ces cons-là : quand un joueur aplatit le ballon pour un essai, il doit attendre cinq minutes avant de pouvoir jubiler ou d’être déçu par la décision de l’arbitre.

Au foot, au moins c’est Bam ! reprise de volée – poteau rentrant – explosion de joie – sur la pelouse, dans les gradins, dans les bars, dans mon living room, et je me jette par terre de plaisir façon auto-plaquage devant un but de Landon Donovan contre l’Algérie.

Pumpido, Tony le Portugais et le catéchisme

Je ne jure que par les Coupes du Monde et par les Championnats d’Europe de foot. Ils me permettent de situer mes souvenirs dans le temps. Je me rappelle de tout ce que j’ai fait pendant Italia ’90, à quel endroit j’étais pour chaque match auquel j’ai assisté. L’année scolaire se terminait et j’arrivais à la fin de l’école primaire.

J’ai adoré cette époque, c’est peut-être pour ça que j’idéalise toujours la Coupe du monde 1990, généralement décrite comme décevante et pauvre en spectacle par les spécialistes (enfin, il n’y a ici qu’un seul spécialiste et c’est moi et j’affirme que la première Coupe du monde à laquelle j’ai assisté était bel et bien fabuleuse).

J’ai commencé par rater la première mi-temps du match d’ouverture, le célèbre Argentine-Cameroun, à cause d’un cours de catéchisme ! J’étais tellement nul en catéchisme que le curé voulait me faire redoubler. Mais je suis rentré à temps pour voir le but d’Omam-Biyik consécutif à une faute de main du gardien Pumpido :



Le lendemain matin, dans la cour de récréation, tout le monde était heureux de la victoire camerounaise et mon pote Tony le Portugais prenait la défense du malheureux Pumpido.

Puis, dans ce premier tour, il y a eu le but de Schilacci contre l’Autriche sur son premier ballon touché. « L’autre main »de Maradona, celle contre l’URSS. Les buts de Roger Milla contre la Roumanie, l’égalisation de Magdi Abdelghani contre les Pays-Bas, celle de Rincon contre la RFA. C’était un grand moment ça le but de Freddy Rincon. J’étais dans la chambre où y’avait la petite télé pour jouer à la NES. Littbarski a ouvert le score à la 89ème minute pour les Allemands, déjà qualifiés avant le coup d’envoi. Ce but éliminait les Colombiens, mais dans les arrêts de jeu, grâce à une passe lumineuse de Valderrama, Rincon a égalisé et je me suis roulé par terre comme un jeune chien fou de joie…



Un snack-bar sur la Costa Brava

Puis je suis parti en vacances avec mes parents et mon frère à Platja d’Aro sur la Costa Brava, pile pour le début du second tour. J’ai vu des Catalans s’engueuler sur la plage au lendemain de l’élimination de l’Espagne face à la Yougoslavie de Dragan Stojkovic. De la rue, j’ai pu voir la séance de tirs aux buts entre l’Eire et la Roumanie, car on passait devant un bar qui diffusait le match juste à ce moment-là.

Y’avait d’ailleurs un snack-bar à 100 mètres de notre centre de vacances. C’est là que j’ai assisté à pas mal de ces matchs du second tour : Angleterre-Belgique, avec le but de Platt à la 120ème minute – dire que j’avais attendu les pénaltys pendant tout le match ! Y’a eu aussi l’exceptionnel Argentine-Brésil, match dominé de bout en bout par les Brésiliens, qui pourtant se feront voler à 5 minutes de la fin, à la suite de l’un des mes buts préférés, signé de mon idole Claudio Caniggia :



En quart de finale, j’ai vu Lubomir Moravcik balancer sa chaussure dans le ciel de colère, Maradona rater son tir au but contre la Yougoslavie, puis l’Argentine être sauvée par l’immense gardien Sergio Goycochea). J’ai raté une bonne partie d’Angleterre-Cameroun parce que mon père ne m’a même pas dit qu’il allait au snack. Putain, quand je me suis aperçu qu’il y avait ce match, j’ai commencé à chialer, j’ai menacé de me défenestrer et j’ai obligé ma mère à me conduire d’urgence au snack-bar. Par chance, il y a eu prolongation, mais le Cameroun a malheureusement perdu.

Puis il y a eu les deux demi-finales de légendes : Italie-Argentine et Angleterre-RFA, toutes deux achevées sur le score de 1-1 et séances de tirs au but. Le suspense lors de ces deux matchs était insoutenable, je ne vois pas ce qu’il leur faut aux connards qui n’aiment pas Italia ’90.

Moi en plus j’étais ravi : dans les deux cas, c’est l’équipe que je soutenais qui s’est qualifiée pour l’ultime rencontre du tournoi, à savoir l’Argentine et la RFA. Mon grand regret était le carton jaune reçu par Caniggia qui le privait de ce dernier match.

Mais Caniggia ou non, pour cette finale, j’étais quand même largement pour les Allemands, à cause de mes origines, mais surtout parce qu’ils avaient été assez irréprochables tout au long du tournoi, contrairement aux Argentins qui étaient parvenus en finale assez miraculeusement.

J’ai vu cette finale de Coupe du Monde 1990 de retour en France, dans les Landes, chez mes grands-parents. C’est vrai que c’était déjà une autre ambiance que dans la chaleur catalane et le snack-bar de Platja d’Aro. D’ailleurs, je n’ai pas vraiment de souvenir du match en lui-même, je l’ai revu voilà peu de temps et il est vrai que le spectacle n’avait pas été au rendez-vous. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’Andreas Brehme a marqué, que l’Allemagne a gagné et que tout le monde était content parce que la logique avait été respectée.

L’été s’est achevé rapidement, je suis rentré en 6ème et ça a été le début des emmerdes. Dès lors, rien de tel qu’une Coupe du monde, un Euro ou un pack de bières pour me redonner la patate. Vivement le 8 juin 2012.

Olivier Besnas – consultant

Photo : flickr/akseabird (licence Creative Commons)

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