LA CAMPAGNE A VELO (11) – In Vino Veritas

Posted on 9 décembre 2011

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La même course, tous les 5 ans. Des chutes, des abandons de favoris. Des outsiders qui peuvent surprendre. Des alliances qui auront de l’importance. Des petites équipes qui mettent des hommes à l’avant pour essayer de se faire connaître. Une arrivée en côte, avec un premier sommet à 14 km de l’arrivée. Seuls les deux leaders en haut du col se disputeront la victoire finale. D’ici là, ça frotte dans le peloton, les mauvais coups pleuvent et font couler une encre que la Serviette se propose d’éponger…

Kazakh et kalach

La Campagne à vélo se doit, cette semaine, de rendre hommage à Alexandre Vinokourov. Vino, c’est ce puncheur fou, capable de disloquer un peloton de sprinteurs pour l’emporter sur les Champs-Élysées, de survoler le Tour d’Espagne l’année suivante, avant de se faire choper par la patrouille pour transfusion sanguine alors qu’il est favori sur le Tour de France 2007.

Transfuser du sang, c’est sympa, mais des biftons, c’est rudement plus cool. Le Vino qu’on aime dans la Campagne à vélo, c’est celui qui porte plainte contre un journal suisse, le Vino qui aurait acheté 100.000 euros sa victoire à Liège-Bastogne-Liège. Une coquette somme pour son compagnon d’échappée solidaire, le Russe Kolobnev, même prénom et lui aussi d’une probité sans nom.

Aura à domicile, stature internationale, magouilles potentielles, on en viendrait à regretter que celui qui a commencé sa carrière dans l’équipe française Casino – d’où son goût prononcé pour l’argent propre –  n’ait pas choisi la nationalité française avant de faire son entrée en politique.

Tant pis, on se consolera avec les affaires de l’équipe rose, qui après avoir fermé les yeux sur la gestion scandaleuse de ses camarades des Bouches-du-Rhône, les ouvre timidement vers le Pas-de-Calais ou tout n’est pas net non plus.

Pendant ce temps-là, le champion sortant sourit. On dirait Cadel Evans qui suce la roue et observe les frères Schleck, alors que le chrono tourne pour lui, croyant en la capacité d’automutilation de l’équipe adverse. Le leader bleu ose même une date, entre mi-février et début mars, pour lancer officiellement la course.

D’ici là, il pourra gentiment effectuer des déplacements de campagne aux frais du contribuable. Et ça me fait personnellement un bien fou de savoir que grâce à mon argent, le champion sortant se balade au Tricastin, à Toulouse, Bordeaux, Toulon ou Marseille pour donner des fusils à pompe à ses amis policiers.

Dans le même temps, Contador gagne à Jérusalem, devant 10 spectateurs. Vino, lui, y a vu des spectatrices, d’où la plus belle attaque de sa carrière, celle pour dix femmes à Sion. Cf. supra. La Grande boucle est bouclée.

Gaetn Gorn – Jante damoiseau corrézien. Porte-Serviette à Doha (pour la suppression du dossard 109 car il favorise les transfusions homologues)


A lire ou relire :

L’épisode 1 : « Un premier maillot distinctif attribué »

L’épisode 2 : «L’équipier modèle »

L’épisode 3 : «Maillot blanc, source de convoitise »

L’épisode 4 : «L’équipe rose a son leader ! »

L’épisode 5 : «Le champion sortant change de braquet »

L’épisode 6 : «Les compagnes à vélo et autres nouvelles hebdomadaires»

L’épisode 7 :  « Feu le maillot vert »

L’épisode 8 : « L’heure des alliances »

L’épisode 9 : « Tic et Tac sont patraques »

L’épisode 10 : « Le Père Noël est une bordure »


Annexe – Charte inutile de bonne conduite

1. La campagne à vélo est une fiction, ne serait-ce que par respect pour le vélo de certains candidats.

2. Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement volontaire.

3. Par peur de représailles – la Serviette a un compte en Suisse – ces personnes ne seront jamais nommées sauf dans les points 4 et 5 de la charte.

4. Le mot « monocle » est proscrit dans tous les écrits de la campagne à vélo, en hommage à feu Jean-Marie le Pen.

5. Apparemment, Jean-Marie le Pen serait encore vivant. En blonde.


Photos : flickr/Laurie Beylier (licence Creative Commons)

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