JO PARIS 2012 – Hockey sur gazon : la France accro au stick (7)

Posted on 10 août 2012

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[FICTION] Malgré la défaite en finale, le parcours inattendu des Bleus lors du Tournoi olympique de hockey sur gazon a redonné le sourire aux Français, quelques jours à peine après le naufrage historique des handballeurs tricolores.*

17h49, 2-2, 69e minute, penalty corner. Pour la première fois de son histoire, la France retient son souffle pour sa sélection nationale de hockey sur gazon. 19.257 spectateurs dans le superbe stade Jean-Bouin, 6 millions de personnes devant leur téléviseurs. Les Bleus enfilent les masques chargés de protéger leur visage pendant cette phase défensive cruciale.

Plus qu’une minute avant la conclusion de la finale du Tournoi olympique de hockey sur gazon. Leurs adversaires néerlandais se disposent en arc de cercle autour de la surface tricolore.

Il y a deux semaines, journalistes et observateurs se moquaient gentiment de ce « petit sport ». L’équipe de France, invitée en tant que pays hôte, semblait loin du niveau mondial : lors de sa tournée en Asie à l’automne dernier, les Bleus avaient encaissé quatre défaites, dont un rocambolesque 15-1 contre l’Inde à New Dehli. « Ne pas se ridiculiser, montrer qui nous sommes », c’était l’objectif du capitaine Frédéric Soyez avant le match d’ouverture contre la Belgique.

L’épopée des « Solides »

Quelques sourcils se levèrent lorsque les Bleus remportèrent leurs deux premiers matchs. Le temps d’antenne augmenta lorsqu’il fût question de qualification pour les demi-finales. Les visages de Matthias Direckens, d’Arnaud Becuwe ou de Tom Genestet ont commencé à apparaître dans les quotidiens et sur les écrans de France Télévisions.

On découvrit des pros qui jouent à Lille, en Espagne ou en Belgique, d’autres qui poursuivent leurs études, certains qui travaillent à côté. Des gars bien, loin des outrances du handball. La presse, comme toujours, leur trouva un surnom : « Les solides ». Bloc costaud, percussion permanente, esprit irréprochable.

Puis il y eu cette demi-finale étrange, épique et épuisante contre le Pakistan. Une victoire incroyable par 5 buts à 4 face à des adversaires d’un talent prodigieux. Mais ce jour-là, il fallait être solide.

Ces deux derniers jours, on ne parlait plus que de la finale. Contre des Pays-Bas archi favoris. A la Une de « L’Equipe » mercredi matin, en lettres capitales, une exhortation : « Soyez vous-mêmes ».

« Pour notre discipline, tout va changer »

69e minute de la finale, penalty corner. La balle se précipite vers l’entrée de la surface. Le Néerlandais Mink Van der Weerden, d’un coup sec, de volée, propulse les 160 grammes de la balle en plastique jaune vers la cage française, dans une trajectoire tendue, parfaite.

Personne ne peut l’arrêter, pas même Matthias Dierckens. Le gardien héroïque du tournoi tombe à genoux, prend sa tête entre ses mains. 3-2 pour les Pays-Bas, fin du temps réglementaire, joie des Oranges, détresse des Bleus. Ils restent debout, hagards. Mais dignes.

Les larmes coulent sur les joues de Scott Goodheart. En quelques jours, le visage de dur à cuire du sélectionneur australien est entré dans la rétine des français. Là, il pleure. Venu de Perth avec son sac-à-dos et son éternelle casquette, il a révolutionné en quatre ans le gazon tricolore. Et sû créer un groupe d’une solidarité sans failles, sur le synthétique azur comme en dehors.

Rugueux pendant le match, les Néerlandais prennent les Tricolores dans leurs bras au moment de la remise des médailles.

« Pour notre discipline, tout va changer », avouait le président de la Fédération française de hockey sur gazon (FFH), Jean-Pierre Noordhaug, juste après la finale. « Canal + et Sky France nous ont déjà fait part de leur intérêt pour la retransmission des tournois internationaux et de certains matchs du championnat de Division 1 ».

Il parle business, mais l’émotion de l’après-match est trop forte : sa voix tremble. « Nous voulons populariser notre sport. Mais je me battrais de toutes mes forces pour que le hockey sur gazon continue de transmettre des valeurs positives, une certaine idée du sport, comme notre sélection nationale l’a fait… avec brio… pendant ce tournoi… »

« On a tout donné et on est restés nous-mêmes », confiait Frédéric Soyez. C’est déjà beaucoup.

  • Or : Pays-Bas
  • Argent : France
  • Bronze : Pakistan

De notre envoyé spécial au stade Jean-Bouin (Paris)

A lire :

La cérémonie d’ouverture (1)

L’exploit de Chavanel (2)

Raquil et Djhone, l’étonnante reconversion (3)

Gatlin dopé, Lemaître blessé, double forfait (4)

Usain Bolt foudroyé (5)

Le handball français en plein cauchemar (6)

Photo :

*Ceci est une fiction basée sur la candidature parisienne à l’organisation des Jeux Olympiques de 2012. Les personnes citées ne sont pas responsables de leurs actes dans le cadre de la rubrique “JO Paris 2012″.

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