JO PARIS 2012 – Les tops et les flops

Posted on 14 août 2012

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[FICTION] Seize jours de compétition et des centaines d’émotions. Au lendemain de la clôture des Jeux olympiques de Paris 2012, La Serviette fait le point sur les tops et les flops de la XXXe olympiade de l’histoire. 

ON A AIMÉ

  • La France au rendez-vous

Il y a deux mois, les esprits chagrins espéraient un désastre : la presse se gaussait des campagnes de pubs incitant les Parisiens à fuir les JO, des fissures dans le Super Dôme de la Porte de la Chapelle, des retards dans l’inauguration du tramway Boulogne-Stade de France. « L’Express » se demandait si David Douillet avait les épaules assez larges pour supporter un tel évènement. Et « Le Figaro » s’inquiétait pour les finances publiques, avec une facture totale doublée par rapport aux estimations initiales.

Aujourd’hui, le bilan est incontestablement positif. Les athlètes ont salué leur vie agréable et lumineuse au village olympique des Batignolles, les usagers se sont réjouis des nouvelles lignes de transport régulières et à l’heure, le monde entier s’est extasié devant la somptueuse cérémonie d’ouverture. Et surtout, la France s’est emballée devant sa moisson de médailles (19 en or, 14 en argent et 22 en bronze) qui la classe au 4e rang mondial, juste derrière la Russie.

Les drapeaux ont fleuri aux fenêtres aux six coins de l’Hexagone pour célébrer les exploits en cyclisme, en judo, en escrime. Notre pays s’est découvert une folle passion pour le hockey sur gazon, symbole du renouveau tricolore. Chavanel, Genestet, Lemaitre, Raquil, Barber sont les figures de proue de cette France souriante. S’il ne faut pas surestimer l’effet olympique à long terme, ces JO ont tout du bol d’air salvateur, un an après les évènements de l’été 2011 et les trois mois de crise politique. Et c’est tant mieux.

  • « Aimé », mascotte adulée

Une patate avec de la moustache ? Lorsque la mascotte officielle des Jeux fut dévoilée il y a six mois, nous étions nombreux à nous interroger, bien volontiers moqueurs, sur sa signification et les valeurs qu’elle était censée représenter.

Affublée du nom d’Aimé, comme un écho au slogan de cette olympiade – « Pour l’amour des Jeux » – et en forme d’hommage à Aimé Césaire et Aimé Jacquet, la silhouette avait rappelé les heures les plus sombres de l’histoire des mascottes. Certains regrettant même le bien-nommé Footix.

Mais Aimé a déjoué tous les pronostics. En deux semaines, il est entré dans le cœur de tous les Français, sa moustache et sa bonhommie ravissant les petits et les grands. Peluches, décapsuleurs, mugs et t-shirts à son effigie se sont arrachés en magasin. « Les couleurs tricolores ne sont pas l’unique explication de ce succès, analyse Phillipe Bonségur, de l’agence de communication « Syphilis ». Aimé est une figure rassurante et protectrice en ces temps de crise politique et économique. Il est notre grand-père à tous en quelques sortes ».

Symbole de cette « Aimémania », Francis Lalanne lui a dédié une chanson à succès et ce nom a connu une croissance de +125% au cours du mois d’août au sein des maternités françaises. Rassembleur et rafraichissant.

  • La 1ère médaille de l’Abkhazie

L’histoire retiendra qu’il fût le premier. Lundi 6 août, Alexandr Dbar a remporté le bronze en lutte gréco-romaine (-74 kg). Son doigt pointé vers le ciel à l’issue de son combat est un symbole pour l’Abkhazie. « Pour notre pays, c’est immense », déclarait l’athlète, alors que les klaxons résonnaient dans Soukhoumi, la capitale de cet État des bords de la Mer Noire.

Pour rappel, le 17 mars 2010, le CIO annonçait l’intégration de ce nouveau pays au sein de l’Olympisme, après plus d’un an et demi de conflit. Dès le lendemain, le président géorgien Mikheil Saakashvili confirmait le boycott de son pays des JO de Paris. La Géorgie réintégrera le giron olympique dès les Jeux d’hiver de Salzbourg, en 2014.

ON N’A PAS AIMÉ

  • L’arrogance de Lance Armstrong

Julien Absalon passé sur route, Lance Armstrong n’a pas eu à forcer son talent pour décrocher l’or dans l’épreuve de VTT. Le Texan, sorti de sa retraite sportive il y a un an pour se lancer un ultime défi, a dégagé une impression de facilité tout au long des 34km du parcours, en plein cœur de la forêt de Montmorency.

Si sa victoire ne souffre d’aucune contestation, son comportement laisse perplexe. Fidèle à lui-même, le septuple vainqueur du Tour de France a montré un visage plein d’arrogance à chacune de ses sorties publiques et adressé de multiples pics au public français. « La France est un pays de losers », s’est-il emporté sur la ligne d’arrivée, sous les huées de la foule.

S’il n’avait échappé à personne que derrière son retour à la compétition se cachait un certain désir de revanche à l’égard de la France, où, malgré ses titres, son impopularité est grande et les soupçons de dopage récurrents, on aurait pu attendre du champion américain une conduite sans doute plus digne et plus conforme à l’idéal olympique.

  • La naturalisation de Pau Gasol

Pau Gasol, champion olympique avec le maillot des USA sur le dos, l’image a scandalisé toute l’Espagne et le monde de l’olympisme. Évoluant en NBA depuis 2001, le Catalan a été naturalisé quelques semaines seulement avant le début des Jeux. Un coup dur pour l’équipe nationale de basket espagnole, et surtout une belle polémique pour le joueur des Los Angeles Lakers, désormais considéré comme un pestiféré dans son pays d’origine, le journal « Marca » le qualifiant même de « traître » et de « mercenaire ».

Si les naturalisations ne sont pas rares dans le milieu de l’athlétisme, c’est la première fois qu’un joueur d’un sport collectif de l’envergure de Gasol est concerné. Son cas pourrait inciter d’autres nations à démarcher activement des joueurs d’autres pays. Tony Parker, le meneur des Bleus, avait d’ailleurs sous-entendu en début de compétition avoir lui aussi été approché par la fédération américaine. Si cette pratique venait à se généraliser, le sport n’en sortira pas grandi.

  • Le starter désastreux

Plouf, plouf, plouf, plouf, plouf. Pas moins de cinq départs pour une même course, quarante-cinq minutes de retard sur le programme, le complexe aquatique de Dunkerque plongé dans le noir à 22 heures 30 et pendant plus d’une dizaine de minutes ; l’un des temps forts de ces Jeux a failli ne pas avoir lieu. En cause, un gigantesque court-circuit dans le système de transmission du signal de départ aux nageurs lors du 100 m hommes en natation.

Finalement, au bout de la nuit, c’est du côté brésilien que les nerfs ont été les plus solides. Victoire de César Cielo en 47″40 devant les deux français médailles d’argent ex aequo, Yannick Agnel et Alain Bernard en 47″49. Une double médaille d’argent, qui rappelle les titres de champion du monde du 100 m dos aux Français Jérémy Stravius et Camille Lacourt, à Shanghai l’an dernier.

De nos envoyés spéciaux à Paris (Île-de-France)

A lire :

La cérémonie d’ouverture (1)

L’exploit de Chavanel (2)

Raquil et Djhone, l’étonnante reconversion (3)

Gatlin dopé, Lemaître blessé, double forfait (4)

Usain Bolt foudroyé (5)

Le handball français en plein cauchemar (6)

La France accro au stick (7)

Treize Maliens se font la belle (8)

*Ceci est une fiction basée sur la candidature parisienne à l’organisation des Jeux Olympiques de 2012. Les personnes citées ne sont pas responsables de leurs actes dans le cadre de la rubrique “JO Paris 2012″.

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