FOOT – Barcelone/PSG : je ne me roulerai pas par terre comme un jeune chien saucisse

Posted on 10 avril 2013

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Vue de la boutique PSG sur les Champs-Elysées

Ce soir, le PSG se déplace au Camp Nou pour un quart-de-finale retour de la Ligue des Champions face au FC Barcelone. Pour la première fois de sa vie, notre éditorialiste Olivier Besnas ne soutiendra pas un club français en coupe d’Europe. Voici pourquoi.

Vingt-cinq ans de Coupe d’Europe, des dizaines de milliers d’heures à soutenir les clubs Français comme un nationaliste bête et méchant. Un résultat final toujours identique et une déception devenue prévisible avec le temps. Je m’expliquais cette obsession du drapeau par un genre de masochisme incurable…  Puis il y eut ce 2 avril 2013 : je me suis installé face à l’écran, l’arbitre a donné le coup d’envoi, et en quelques secondes, je me suis aperçu que mon cœur ne battait pas forcément pour le représentant français. Une première !

Lorsque Blaise Matuidi a égalisé à la 94e minute, en temps normal, je me serais roulé par terre comme un jeune chien saucisse. J’aurais aboyé et remué la queue à toute vitesse. Mais là, non, je ne sais pas…

En tant que  provincial et inconditionnel de l’Olympique de Marseille, je ne voudrais pas qu’on m’accuse de faire de l’anti-parisianisme primaire. J’ai toujours pris plaisir à regarder les matchs du PSG, notamment en compétitions européennes. Mon patriotisme sportif me conduisait systématiquement à les soutenir. Ceci étant dit, nul ne peut nier que le PSG n’a plus fait vibrer la France sur la scène européenne depuis cette finale de C2 remportée face à Vienne en 1996. Et encore, souvenons-nous de ce petit tacle très amusant signé Bernard Tapie : « grâce au PSG, j’ai appris qu’il y avait un club qui s’appelait le Rapid de Vienne »…

Paris la lose

Dès lors les Parisiens se sont surtout ridiculisés et ont été les victimes légitimes de la raillerie de certains médias et de grand nombre de Français. Qu’est-ce que la France a pu rigoler lorsque le PSG s’est incliné 6 buts à 1 au Parc face à la Juve ! (Supercoupe d’Europe 96, match aller)

Et que dire de ce match perdu 4-3 à La Corogne alors que Paris menait 3-0 (2nde phase de Ligue des Champions 2001). C’était assez tordant !

Le PSG était devenu un club qui jouait souvent de malchance et qui était prématurément sorti des compétions continentales. Symbole de cette malédiction : à l’automne 2001, cette élimination aux tirs au but face aux Glasgow Rangers ! En principe, les Écossais sont les plus gros losers de l’histoire du foot, ils ne peuvent pas gagner aux pénaltys ! Il n’y a qu’à observer leurs résultats en Coupe du Monde : ils sont, pour ainsi dire, chaque fois éliminés au 1er tour à cause d’un petit but assassin encaissé au bout des arrêts de jeu… Mais là, contre Paris, à la loterie, c’est passé pour Glasgow.

Et il suffit de remonter à la saison dernière pour constater que Paris est un club qui manque cruellement de réussite : lors de son 1er match de phase de groupe de Ligue Europa, au Parc, le PSG mène 3-0 face au Red Bull Salzbourg, mais, en toute fin de rencontre, concède un but qui semble alors anecdotique. À titre personnel, j’avais toute de suite flairé la mauvaise affaire. Cela allait se dérouler de manière tout aussi drôle qu’à l’accoutumée : 5e journée, les Autrichiens battent les Parisiens 2-0, le 2nd but étant inscrit à la 94e minute ! Les deux équipes finiront 2e et 3e avec 10 points, Salzbourg devançant Paris au bénéfice du goal-average particulier et se qualifiant pour le tour suivant. Pour Paris, le parcours s’arrêtait là et je riais aux éclats…

Paris la win

Cette saison semble être celle du renouveau pour le club de la capitale. D’ores et déjà classé dans le top 8 européen, le recrutement faramineux opéré depuis l’été 2011 et l’arrivée des Qataris a déjà porté ses fruits. Mais je ne peux me réjouir des résultats parisiens.

À cela plusieurs raisons :

Le Paris-Saint-Germain n’est plus un club de football français, c’est un club du Golfe Persique tenu par de probables esclavagistes incultes du ballon rond. Il n’est qu’à l’image de ces clubs Anglais (Chelsea, Manchester City) construits à coup de milliards par des gens qui ne sont ni britanniques, ni passionnés. Le football a toujours servi les intérêts financiers de certaines personnes très peu scrupuleuses, mais depuis quelques années, la notion de foot comme business a pris le dessus sur celle de foot comme simple sport ou spectacle.

Les médias dominants font étalage de ce type d’informations, mais sans jamais s’en offusquer. Tous installés dans la capitale, les journalistes de la télévision et de la presse nationale ne font que s’extasier devant tant de recrues et tant de millions. Le club de leur ville ou de leur ville d’adoption, possède enfin une équipe à la hauteur de ce que représente Paris à travers le monde. Toute la journée qui a précédé la rencontre aller, la chaîne d’infos BFM-TV affichait ce message en bas à droite de l’écran « L’évènement : PSG – Barcelone », comme si la France allait disputer une finale de Coupe du Monde ! Le traitement de faveur n’est bien sûr pas le même lorsque Lyon ou Marseille atteignent le même stade de la compétition.

Le néo-supporter du PSG m’insupporte car il ne tient pas compte de ces éléments, il a choisi de rêver avec les plus riches et les plus puissants. Les sommes indécentes annoncées pour les recrutements ne le gêne absolument pas. Il clamera haut et fort que « Paris est magique » alors que ce club devrait être boycotté. Le néo-supporter du PSG est une personne qui doit passer la majeure partie de sa vie devant la télé : il est tellement écervelé qu’il donne 110 euros à la boutique des Champs-Élysées pour se procurer le maillot numéro 32 de David Beckham.

Sportivement les recrutements de joueurs comme Thiago Silva ou Lucas Moura sont bien sûr très intéressants. Sans parler de Zlatan qui effectue peut-être la meilleur saison de sa carrière, ceci n’étant pas dû au niveau de la Ligue 1, considéré parfois faible, les performance tonitruantes du Suédois avec son équipe nationale en attestent.

Mais David Beckham !?

La mascarade devient évidente. Beckham, 37 ans, arrive du championnat des États-Unis ! Il a certes la réputation d’être un excellent coéquipier, mais il n’a jamais été un grand joueur. En fait, il n’est que le mari de la Spice Girl Victoria Beckham, elle même piètre chanteuse issue d’un girls band minable, véritable produit de masse universel et sans âme. À part deux ou trois coup francs mémorables, une victoire en Ligue des Champions et une seconde place au Ballon d’or en 1999, la carrière de David Beckham n’a rien d’exceptionnelle. On se souvient de quelques pénaltys complètement ratés et de son expulsion face à l’Argentine en 1998. D’une façon générale, le Spice Boy ne s’est jamais avéré être un atout essentiel pour son équipe nationale, il était juste là pour sa gueule, sa coupe de cheveux et ses tatouages. Son passage au Real Madrid période « Galactique » s’incarne de la même manière (2003-2007).

Si je n’étais pas accro, j’arrêterais de regarder le foot tellement je suis écœuré par tant d’argent et tant de mise en scène.

La dose ?

Mais ce soir, je serai bien devant Canal pour suivre la rencontre du Camp Nou et m’injecter ma dose. Mon sentiment sera tout aussi mitigé qu’au match aller : difficile de faire dans le patriotisme donc, privilégier le FC Barcelone, authentique grand club historique, sera peut-être plus sage.

Et dire qu’au printemps 1995, lorsque les deux équipes s’étaient rencontrées, en quarts de finale déjà, j’étais à 100 % derrière les Parisiens. Et ce n’était pas seulement par amour des équipes tricolores, mais également parce que le PSG de cette époque était une équipe extrêmement séduisante. C’était cette équipe qui entre autres, deux ans auparavant, avait remporté ce match épique face au Real Madrid (défait 3-1 à l’aller, Paris s’impose 4-1 au Parc).

Après avoir achevé la première phase avec 6 victoires en autant de matchs dans un groupe qui comptait tout de même le Bayern Munich, le PSG avait décroché un bon match nul 1-1 sur le terrain du Barça de Johan Cruyff.

Le match retour s’annonçait largement à la portée des joueurs de Luis Fernandez.

Les Parisiens tirent plusieurs fois sur les montants en 1ère période. Contre le cours du jeu c’est Bakero qui ouvre le score pour Barcelone peu après la reprise. Lorsque Ginola trouve une nouvelle fois la barre, on se dit que Paris est maudit et ne pourra décidément pas l’emporter. C’est alors que Raï égalise de la tête sur corner. On se dirige vers la prolongation, quand Vincent Guérin, infatigable milieu récupérateur, frappe de 25 mètres pour battre le portier Catalan. Le Paris-Saint-Germain parvient à se qualifier pour les demi-finales de la Ligue des Champions, malgré un manque de réussite flagrant qui, en dernière instance, aura su donner une tonalité légendaire à la rencontre.

Ce jour-là ça m’a sérieusement chatouillé… et ce n’est pas ce soir que je vais retrouver cet effet-là !

Olivier Besnas

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